4 Mâles 2 femelles
 

 

 

 



Quelles sont les expériences, les livres, les films, les exemples qui nous font aimer telle ou telle race de chiens ? Pour ma part je ne sais pas. Ce dont je suis certaine, c’est que cela a toujours été ainsi : j’aime le berger allemand.

Pour moi il est le symbole du parfait chien berger : il a le sens de la famille et d’une fidélité infaillible à son maître. Il peut tout aussi bien être un très bon chien « de canapé » (sans que cela soit péjoratif) adorant les caresses et le jeu, mais il est tout aussi capable d’aboyer derrière un portail en jouant le dissuasif. Si vous en avez l’envie il est capable d’aimer aussi bien le pistage, la recherche de personnes égarées, tout comme celle des truffes. Ou encore, être capable, pour les personnes vraiment mordues de sport canin, de se régaler en pratiquant l’Obéissance, le Campagne, le R.C.I., le Ring ou l’Agility… Bref il est toujours disponible, à la fois sportif, copain et gardien rassurant et fiable. Pour ma part c’est aussi un beau chien : ni grand, ni petit, suffisamment rustique pour ne pas nécessiter trop d’entretien. Et comble de la perfection (enfin il ne faut pas exagérer !…) chacun peut choisir sa couleur en fonction de ses goûts : manteau plus ou moins noir idem pour les feux ou entièrement noir ou gris avec toutes les gammes que peut présenter cette couleur. Il en est de même pour le poil : long ou court. En matière de caractère la diversité est tout aussi grande. En résumé chaque personne, en fonction de sa personnalité, de son caractère et de son mode de vie peut trouver le berger allemand qui lui conviendra.

C’est ainsi qu’autrefois, chaque trimestre, j’ai assouvi ma soif d’intérêt pour ce chien en attendant impatiemment la revue du Berger allemand. Et puis le jour de mes 18 ans j’ai décidé de m’offrir mon 1er chiot, Sheik de la Chapelle aux Lys . Il a été un merveilleux chien de compagnie à qui il ne fallait pas trop en demander : jouer c’était génial, le solliciter pour autre chose cela devenait inintéressant pour lui. Peut-être est-ce à ce moment-là que je me suis plus intéressée aux chiens ayant une certaine disponibilité pour les différentes disciplines ?

J’ai toujours eu deux passions : le berger allemand bien sûr mais aussi la montagne. Toutes mes activités passaient par la montagne, ma profession (pisteur secouriste l’hiver, accompagnatrice en montagne l’été) mais aussi mes loisirs (trekkings à l’étranger, ski de randonnées….). Et fatalement il m’est venu à l’idée de vouloir concilier les deux. Ce fut chose faite en 1988, 7 années après Sheik, avec mon 2ème berger allemand, Dorko du Clos de Savoie qui fût breveté en recherche  de  personnes ensevelies en décombres mais aussi breveté Chien d’Avalanche en 1990. Dans ce domaine j’ai rencontré des hommes passionnés. Ils m’ont donné mes premières leçons en psychologie canine.  Pour moi ce fut une révélation. En multipliant les entraînements pour rester opérationnelle, j’ai découvert ce que communiquer avec un chien voulait dire. Un regard, un geste, une parole et chacun se comprenait et anticipait sur la réaction de l’autre. En intervention réelle c’était  une merveilleuse sensation de fusion. Non je ne fabule pas ! Je peux vous assurer que lorsque vous recevez un appel vous informant  qu’un groupe de skieurs a été enseveli et que, de votre relationnel avec votre chien dépend la survie de personnes, la supercherie ou la fabulation ne marche pas.

Les aléas de la vie vous apportent quelquefois des opportunités qui, en fonction de votre choix, vont fondamentalement changer le cours de votre existence. C’est ainsi qu’un beau jour en allant choisir un chiot pour un copain (Lagor futur chien d’avalanche à La Plagne) que mon attention fut captée par une de ses sœurs, une petite boule de poils au caractère déjà bien trempé. Voilà comment Leiria des Garrigues de la Madeleine entra dans ma vie. C’était en 1995. Je n’avais nullement l’intention d’acquérir une femelle mais celle-ci avait franchement un petit quelque chose de remarquable. Je ne pouvais donc décemment pas la laisser partir dans la nature !….

Pour moi il n’est pas concevable de vivre en compagnie d’un chien sans partager une activité avec lui. Que faire avec Leiria ? Elle ne pouvait pas être brevetée en avalanche puisqu’on refuse les chiennes pour cette discipline. Et oui cela existe !…. De plus Dorko assumait très bien cette tâche. L’éleveur de Leiria allait m’apporter la réponse. Yves Billat, très connu dans le monde du Ring, allait me permettre de découvrir cette très captivante discipline. Leiria n’a pas à rougir de sa carrière en Ring. Pour une femelle, berger allemand de surcroît, elle a toujours été, en concours, sur le podium. Malheureusement pour elle sa carrière s’arrêtera en Ring 2. Non pas qu’elle n’avait pas la capacité d’aller en 3 mais, encore une fois, les hasards de la vie allaient m’inciter à changer complètement de profession mais aussi de région. Quant à Leiria elle se reconvertira, quelques temps plus tard, dans le recherche de truffes !

C’est ainsi qu’en 1998 je quittais la montagne pour me rendre à côté de Lyon pour travailler dans le centre de formation de Marcy l’Etoile au sein de l’association Handi’Chiens dont le but est d’éduquer des chiens d’assistance (Labradors et Golden Retrievers) pour personnes handicapées moteurs.

Je n’en gardais pas moins le même intérêt pour le berger allemand. Qu’il soit issu d’une sélection axée sur la beauté ou d’une sélection axée sur la disponibilité au travail il n’en reste pas moins un berger allemand que l’homme a choisi d’orienter différemment. Même s’il représente deux types de chiens très différents parfois, il n’empêche que l’un n’est pas meilleur que l’autre. Ils sont différents tout simplement. Une diversité qui constitue une réelle richesse. Le monde des expositions  m’a permis de faire la connaissance d’un homme très connu dans le milieu du berger allemand de beauté mais aussi dans le domaine du R.C.I.. Je veux nommer Dominique N'Guyen. C’est grâce à lui que j’ai pu découvrir cette nouvelle discipline qui est toujours la mienne aujourd’hui. Comme on oppose le chien de beauté au chien de travail, on oppose le R.C.I. au Ring. Pourtant j’aime le beau BA comme le très bon BA de travail. J’aime le R.C.I. mais aussi le Ring. Encore une fois, ce sont deux disciplines très différentes avec des approches du chien différentes.

ShangaïLeiria avait 5 ans lorsque je suis arrivée à Caluire. Un autre de mes principes est que si une chienne (ou un mâle) a certaines qualités, il faut qu’il ait la possibilité de se reproduire afin que son potentiel génétique perdure. A l’époque de ma venue au sein du club de Dominique N'Guyen, Leiria avait une portée de cinq chiots. J’étais allée faire la saillie à Milan sur un chien Tchèque dont le type et le caractère m’avaient beaucoup plu. C’est ainsi que Shangaï est née à la maison et y est restée ! C’est avec elle que j’ai découvert le R.C.I..

Dans ce milieu-là j’ai fait la connaissance de personnes très humaines, très faciles d’approche et de contact, toutes passionnées par le chien et la discipline. A nouveau j’ai retrouvé le plaisir de travailler en équipe, le plaisir de faire évoluer le chien, le plaisir de la complicité dans les exercices et la communion en concours. Shangaï ne m’a jamais déçue. Si, bien évidemment, le pointage n’était pas parfois à la hauteur de mes espérances, la faute n’en revenait qu’à moi-même qui n’avait pas été assez perspicace pour travailler tel ou tel exercice ce correctement !

 En 2006 je décidais d’arrêter sa carrière sur le titre de championne de France à la Nationale de Travail du Berger Allemand. Il est venu pour elle le temps de mettre au monde des bébés, à son tour,  afin de voir quelles seront leurs qualités !….

Arak, né en 2005, a décidé de reprendre le flambeau. Lui aussi est né à la maison. Il a décidé, lui aussi, de rester et de s’essayer au R.C.I. !….

Ce que j’aime dans le milieu du chien : la complicité qui peut exister avec lui et la rencontre avec des hommes et des femmes passionnés, humains et forts sympathiques.


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